Réchauffement climatique, extinction des espèces : des révélateurs de l’irresponsabilité du capitalisme

 

Alors que de nombreuses manifestations ont lieu dans le monde et que des centaines d’associations se mobilisent pour l’urgence climatique, la dernière réunion de l’ONU du 24 septembre 2019 et ses résultats affligeants montre s’il en était besoin qu’il n’y a rien à attendre des dirigeants de ce monde.

Vingt-sept ans de grands-messes internationales...

Il y a aujourd’hui une véritable campagne mondiale pour faire croire que certains hommes politiques se préoccupent réellement du réchauffement climatique. Mais si les dirigeants politiques des pays impérialistes et leurs divers experts s’agitent aujourd’hui autour de cette question, ce n’est pas par philanthropie ni parce qu’ils sont brutalement devenus soucieux de l’avenir des pays pauvres ou de celui de l’humanité. Malgré leurs discours alarmistes, les autorités politiques des grands pays industrialisés ne se sont pas pressées pour prendre des mesures sérieuses en vue d’enrayer l’émission des gaz à effet de serre. Il y a déjà vingt-sept ans, depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992, que la question de la pollution atmosphérique, du climat et de son réchauffement sert de prétexte à des grands-messes internationales. Pour quel résultat ? Au contraire, l’Amazonie, ce poumon de la terre, ce réservoir de biodiversité, est en flammes ...

Chacun peut faire un petit geste ou comment exonérer les responsabilités du capitalisme

Un autre leitmotiv des campagnes sur les menaces du réchauffement climatique, c’est que l’avenir de la planète est entre les mains de chacun d’entre nous. S’il est vrai que toute l’humanité est directement concernée par l’avenir écologique de la planète et que la population devrait être informée et en mesure de prendre les décisions qui engagent son avenir, ces campagnes qui renvoient dos à dos les particuliers et les industriels, ou les actionnaires, reviennent à exonérer les responsabilités des capitalistes et à masquer le fait que le problème est dans le fonctionnement même du système.

Les consommateurs n’ont aujourd’hui aucune prise sur les choix et les orientations de la production industrielle, entièrement entre les mains de propriétaires privés. Ils sont entièrement dépendants de ceux qui leur fournissent l’énergie, des prix qui leur sont imposés, des technologies qu’ils trouvent sur le marché. La population n’a pas plus de choix en matière de déplacements et de transport. C’est pourtant le secteur dans lequel les particuliers sont le plus accusés d’individualisme en refusant d’abandonner leur voiture particulière. Demander­ aux particuliers de ne pas prendre leur voiture, sans construire et entretenir des réseaux collectifs pratiques, fréquents et confortables, est une imposture.

Comme c’est une imposture de leur demander de faire leurs courses à pied, près de leur domicile, quand les géants de la distribution ont concentré en périphérie de la plupart des villes les magasins les mieux achalandés et ceux dont les prix sont les plus abordables. Rappelons enfin que les premiers à utiliser massivement le transport routier sont les entreprises, qui se font livrer à leurs portes leurs fournitures par des norias de camions. Toute cette organisation des transports, le gâchis humain, énergétique et écologique qu’elle entraîne, n’est évidemment pas de la responsabilité individuelle des particuliers.

L’hypocrisie de certains écologistes n’a, à cet égard, pas de limite. Certains ont créé des associations leur permettant de racheter leur pollution individuelle en gaz carbonique. Ils ont déterminé, de façon passablement ridicule, la quantité d’émission de carbone que chaque habitant de la planète aurait le droit d’émettre, chaque année, pour être écologiquement responsable (la fameuse empreinte CO2). Ceux qui dépassent leur quota individuel peuvent faire un don pour financer une entreprise écologique. Tous ceux qui répètent que chaque consommateur tient l’avenir de la planète entre ses mains, que chacun peut faire un geste pour l’avenir de la planète, mentent. Ils ne font que dédouaner ceux qui s’enrichissent avec cette organisation économique et qui sont les seuls à la diriger.

La principale source de rejets de gaz à effet de serre, c’est l’organisation même de la production, de la distribution et de la consommation, avec son gaspillage d’énergie et de ressources. La multiplication des déplacements inutiles de marchandises En réalité, il faudrait surtout mettre en place une autre organisation de la production et de la distribution. Sur les marchés de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, on vend des oranges provenant d’Afrique du Sud. Elles ont été transportées par cargo, parfois après avoir transité par le marché de Rungis, près de Paris, alors qu’on cultive des oranges... en Amérique centrale et en Floride. C’est une absurdité.

La lutte permanente entre groupes concurrents pour gagner des marchés, l’absence complète de recensement et de prévision des besoins de la population, provoquent une pollution et un gaspillage plus profonds encore. Elles provoquent la multiplication absurde de déplacements intercontinentaux de marchandises, justifiés seulement par des raisons commerciales. Chaque grande entreprise, chaque trust rationalise sa production et l’organigramme de ses différentes usines. Mais chacun le fait en concurrence avec tous les autres.

Ce qui est en cause n’est pas la bonne ou mauvaise volonté supposée des dirigeants.

L’économie capitaliste est tellement anarchique, tellement fondée sur l’égoïsme individuel, que la mise en place de mécanismes de régulation par les États se heurte aux intérêts privés des bourgeois, à la loi du profit, à la concurrence entre les capitalistes et entre les États eux-mêmes. Ainsi il y fort à parier que, si nouveau protocole il y a, il sera toujours aussi bidon et aussi peu contraignant pour les industries polluantes. À la conférence de Paris, comme pour les conférences qui l’ont précédée, les négociations se sont faites en concertation avec le grand patronat. Bref, des négociations aux mains des pollueurs ... il vaut mieux être dans la place pour pouvoir torpiller les mesures trop contraignantes et orienter les mécanismes de subventions et aussi une belle vitrine publicitaire pour eux, avec l’opportunité de nouveaux marchés.

Le développement scientifique et technique atteint par l’humanité devrait, au contraire, nous permettre d’anticiper sur les conséquences du ré­chauf­fement. Si les modèles confirment que les eaux des océans monteront d’un mètre d’ici un siècle, on pourrait se donner dès maintenant les moyens d’y faire face. On pourrait aménager, par avance, de nouvelles villes pour reloger les habitants qui vivent aujourd’hui dans des zones inondables à proximité des côtes ou de grands fleuves.

Se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, du sort des ours polaires menacés par la fonte des banquises, de la menace pesant sur l’ensemble des espèces vivantes est plus que légitime. Mais ce n’est pas le marché qui peut régler ces questions, car le marché ne s’intéresse qu’à ceux qui ont de l’argent, donc ni aux ours polaires ni aux pauvres du Bangladesh.

Les dirigeants du monde ne sont pas forcément aveugles et savent bien qu’il y a une certaine urgence à agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais, pour ce faire, il faudrait réglementer et contrôler bien plus l’économie, et cela ils ne peuvent pas le faire, car le capitalisme est une économie anarchique, fondée sur la concurrence et la propriété privée des moyens de production, ce qui la rend irresponsable. Les dirigeants de la bourgeoisie (les gouvernements) ont toujours eu les pires difficultés pour s’opposer aux intérêts privés des bourgeois individuels, même lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts à long terme de leur propre système. Et le sens dans lequel raisonnent ces dirigeants et les solutions qu’ils cherchent accroissent les inégalités.

Le communisme est aussi l’avenir de l’écologie

Une société communiste cherchera à satisfaire l’ensemble des besoins de tous, ni plus ni moins. Ces besoins se renouvelleront et s’amélioreront sans cesse, mais pas à la manière du capitalisme qui créé des besoins artificiels pendant qu’il condamne à la sous-alimentation près d’un milliard d’individus. Pour autant le communisme ne défend pas le productivisme. Rationaliser la production n’est pas nécessairement l’accroître à l’infini. Il ne s’agit pas non plus de tout centraliser ni de produire toujours plus. L’échelle de la centralisation dépend de la nature du problème et doit aller de pair avec la démocratie la plus large.

Pour ce qui est du climat, il est évident que le problème ne peut être résolu qu’à l’échelle mondiale. Mais seule une économie rationnelle et planifiée à l’échelle du monde permettra à l’humanité d’organiser de manière scientifique et humaine son futur. Ce que pouvait dire Marx à son époque sur l’impossibilité d’organiser l’économie de manière rationnelle dans le cadre du capitalisme est encore plus vrai aujourd’hui. L’humanité dispose de possibilités de contrôle infiniment supérieures à celles du siècle de Marx. Mais, parallèlement, la concurrence et l’irresponsabilité n’ont fait que s’accroître. Le débat qui se déroule sur la question du réchauffement climatique en est l’illustration.

C’est une question qui concerne d’emblée toute l’humanité, mais ce à quoi nous assistons c’est à une arène supplémentaire de rivalités entre puissances, une arène où chaque pays défend d’abord les intérêts économiques égoïstes de ses propres multinationales. C’est pourtant un domaine où il est évident que la solution ne peut être que globale et où la loi du profit et les intérêts privés doivent être mis au pas.

Le seul moyen de faire face au réchauffement climatique – soit en le réduisant, soit en trouvant les moyens d’y adapter la société  est de se débarrasser de cette organisation économique absurde.

La société socialiste sera gérée par la majorité de la population sans défense d’intérêt particulier ou égoïste et dans le but de satisfaire les besoins essentiels.

Nous militons aussi pour qu’elle prenne en considération les intérêts des animaux, domestiques comme sauvages,  en abolissant leur exploitation y compris le fait de les manger, et de la nature en général, où des principes de précaution et d’éthique devront guider nos activités en mesurant et anticipant les impacts.

La protection de la biodiversité et la conscience que nous en faisons partie est essentielle, alors que la société capitaliste ne fait que massacrer, exploiter nos cousins animaux et dévaster les écosystèmes naturels.

Nous espérons et nous militons pour qu’une révolution sociale arrive bien avant que le réchauffement de la planète ne soit complètement nuisible à l’humanité et à la vie sur la Terre.

Et l’espoir de changement réside dans l’alliance des travailleurs de tous les pays. Les jeunes manifestants ont au moins cette conscience que le problème se situe à l’échelle de la planète et ne peut être resolu que collectivement.

Militons pour qu’ils comprennent pourquoi capitalisme et écologie sont incompatibles et en tirent les conséquences nécessaires, à savoir qu’il faut détruire le capitalisme et que seule la classe ouvrière internationale en est capable. Vive la révolution prolétarienne mondiale, vive le communisme qui respecte le monde vivant !