UNE AUTRE VISION DE LA NATURE 

LA SOUFFRANCE DES ANIMAUX SAUVAGES DANS LA NATURE : RWAS ( acronyme anglais de : reduction of wildlife animals suffering ou réduction de la souffrance des animaux sauvages ) , ALTRUISME EFFICACE.  

POUR UNE ÉCOLOGIE ANTISPÉCISTE

 

Il y a un discours prégnant chez certains militants antipécistes selon lequel la nature serait un milieu terrible, effrayant et procurant bien plus de souffrance que de plaisir pour les animaux sauvages qui y vivent.

Outre qu’il s’agit d’un postulat discutable, subjectif, moraliste, ses conclusions seraient qu’il faudrait intervenir, interférer, dans le fonctionnement de la Nature pour chercher à réduire cette souffrance. Voir à la transformer ou la modifier à cette fin. Bref une Nature humanisée, est-cela le but ? Mais pourrait-on encore l’appeler la Nature ?

SUR LA SOUFFRANCE

Qui interviendrait ? L’humain bien sûr ... et quel humain ? L’expert (e) évidemment, c’est à dire eux ( elles ) mêmes, porteurs d’une expertise et d’une morale abstraite, universelle, celle de combattre la souffrance.

Pourtant la souffrance est un phénomène biologique sélectionné par l’évolution depuis l’origine de la vie sans doute, qui a fait ses preuves puisqu’elle a permis aux espèces de se protéger, de se reproduire et se perpétuer. Ce n’est certes pas la sensation la plus agréable, toutefois elle nous est utile à chaque moment de la vie en nous permettant d’éviter de se blesser, de prévenir une maladie, de sauver sa vie. L’humain comme tous les autres animaux connaissent la souffrance ainsi que d’autres sensations et sentiments plus agréables : joie, plaisir, bonheur mais on peut sans doute affirmer que si cette souffrance n’existait pas il n’y aurait sans doute pas de plaisir non plus.

Alors où les pourfendeurs de la souffrance, d’origine naturelle, car il s’agit de celle là uniquement , veulent- ils (elles) en venir ?

D’autant plus qu’il y a une grande part de subjectivité dans l’appréciation de la souffrance des divers individus sentients. Surtout sur un plan psychologique. Et qu’il s’agit d’espèces différentes de la nôtre et avec lesquelles nous avons assez peu de dialogue ou de communication. Quoi qu’il en soit chaque espèce, et chaque individu a une tendance à essayer de diminuer sa propre souffrance physique et psychologique.

Et j’ajouterai aussi chacun (e) a une compétence à le faire qui est une condition de sa survie. On peut donc penser que les millions d’espèces vivantes, sensibles, sentientes qui sont sur la terre depuis des millions ou des centaines de millions d’années pour certaines doivent avoir des solutions, des stratégies , des comportements pour remédier ou équilibrer cette souffrance de manière à ce que leur vie soit non seulement supportable mais aussi agréable. Leur longévité argumente dans ce sens pour la plupart des espèces et par conséquent pour les individus.

On pourrait dire sans risque de se tromper que tous n’ont pas attendu les acteurs humains antispécistes divers, Rwas,  altruistes efficaces etc ....

L’humain a aussi essayé d’améliorer sa vie depuis le temps où il ( elle ) ne connaissait pas le feu il y a plus de 500 000 ans, dormait dans une caverne etc... Puis il a développé des outils, s’est socialisé, est parvenu à produire sa subsistance, jusqu’a dominer la nature et aujourd’hui il est en train de la détruire.

Les millions d’espèces se sont aussi chacune à sa manière adaptées au froid, à la chaleur, à la faim, à la mortalité et la Nature nous montre de nombreuses stratégies reproductives, de façons d’organiser chaque vie et c’est ce qui rend passionnantes de nombreuses disciplines intellectuelles liées aux sciences de la nature.

Par exemple le cheval (équidé) même domestiqué développe une fourrure en hiver, la perd avec les chaleurs, migre sur des distances si cela est nécessaire pour trouver de l’eau et sa subsistance. Il n’a pas besoin d’electricité, de maison, bref sa biologie comporte beaucoup d’atouts par rapport à l’humain par exemple. On pourrait multiplier les exemples, mais je pense que les antispécistes les connaissent, avec tant d’animaux qui nous fascinent ou nous étonnent par des capacités que nous n’avons pas : chauve-souris, oiseaux migrateurs , dauphins, éléphants, abeilles etc ...

C’est cela qui devrait nous émerveiller, en tous cas motiver nos recherches, nos connaissances sur un monde qui reste encore à découvrir et à connaître. Pourquoi donc décider que la souffrance est la caractéristique dominante de la nature et qu’il faudrait intervenir en vertu d’une morale antispéciste.

Ce qui caractérise plutôt le monde vivant ou sentient aujourd’hui c’est malheureusement qu’il est confronté à une menace qu’il n’a jamais connu depuis ses origines, soit des millions d’années, et qu’il se trouve dans l’impossibilité de trouver une issue tant par la rapidité de l’agression que par son ampleur. Ce que ces millions d’espèces sensibles ou sentientes ont pu inventer pour gérer leur vie et que nous pourrions étudier scientifiquement au lieu d’avoir un jugement moral abstrait et arbitraire, réducteur et donc pas intéressant, se retrouvent sans issue devant la destruction brutale de leur habitats ou de leur existence.

Et les responsables sont les humain(e)s et plus précisément leur organisation sociale absurde, anarchique et destructrice le capitalisme. Que peut-il y avoir de plus grand comme souffrance que cette agression , cette oppression d’une ampleur gigantesque venant de l’organisation sociale humaine qui étend sa toile dans le moindre recoin de la planète.
Et que disent ou que veulent faire les antispécistes en question ? Qu’il faut modifier la méchante ou l’indifférente Nature ! Celle là même qui brûle par le feu en ce moment, qui subit le réchauffement climatique, les guerres multiples, l’action des bandes armées, les pesticides, les pollutions, la liste sordide est si longue !

Mais ce n’est pas cela qui intéresse au premier chef les Rwas et autres, alors qu’ils (elles ) sont pourtant représentants de cette même espèce humaine et par conséquent ont nécessairement une responsabilité. Alors certes elles (ils) sont sans doute végans, ce qui diminue leur impact mais néanmoins votent pour des gouvernements, paient des impôts pour le militarisme, les routes, les subventions à l’élevage, prennent l’avion et la voiture, bref participent à cette société violente et spéciste. L’attitude correcte serait de se dire qu’il n’est pas possible de cautionner une telle organisation sociale qui produit autant de souffrances sur nos cousins.
Il ne s’agit plus seulement de souffrance mais d’injustice, d’atteinte à l’intégrité, à la possibilité même de survivre ! Et là nos cousins animaux n’ont pas de parade. Les millions d’années de l’histoire de leur vie ne peuvent plus rien faire pour eux. C’est terrifiant. Et elle est là la vraie souffrance, pas ailleurs. La souffrance d’origine naturelle est l’affaire de chaque espèce et de chaque individu appartenant à l’espèce, et l’humain n’a aucune compétence, aucune légitimité pour interférer. Il est déjà souvent difficile de comprendre la souffrance d’amis ou de parents.

La seule chose que nous pouvons faire est de lutter pour diminuer notre propre souffrance humaine et de diminuer notre nuisance vis à vis de nos cousins animaux , en changeant radicalement notre société. Laissons nos cousins gérer leur vie composée de joie, d’amour, de plaisir et de souffrance car ils ont bien plus de compétences et d’expérience que nous qui ne savons rien ou pas grand chose de leur vie et qui n’avons aucune légitimité pour être un modèle, bien au contraire. Et pour cause notre société les élimine. Quand ils ne sont pas élevés en cage ou en camps de concentration pour les animaux domestiqués, ils sont pourchassés sans relâche pour le plaisir ou le commerce : renards, martres, sangliers, blaireaux, oiseaux ... ne connaissent de la part de la majorité des humains que la haine, la violence et la persécution.

Et nous les aiderions à diminuer leur souffrance en leur permettant de diminuer leur mortalité, à ne plus avoir soif, faim, froid, à ne plus être malade, à les protéger même des catastrophes naturelles ... ai-je lu et relu plusieurs fois pensant que je rêvais ou parfois que je lisais un contrat d’assurance !
Mais s’ils sont sur la terre depuis bien plus longtemps que nous humains, c’est qu’il savent se nourrir, se protéger, se soigner et faire bien d’autres choses.
Et imaginons que nous aidions systématiquent les animaux sauvages à moins souffrir en les nourrissant et leur fournissant un abri. Ce que nous faisons déja partiellement par exemple en nourrissant les oiseaux l’hiver, en créant des refuges pour animaux blessés, en conséquence justement de nos nuisances. Mais ce serait la fin de la nature sauvage et des animaux sauvages. C’est justement parce qu’il vivent indépendamment et différemment de nous qu’ils sont sauvages, libres, différents et fascinants.

La Nature doit vivre sa vie, sinon elle devient soit des réserves naturelles ce qui est de plus en plus le cas avec un nombre d’interventions plus ou moins limité de l’humain , ou pire un zoo, en tous les cas plus vraiment une nature sauvage.

Que certaines espèces aient inventé une stratégie r de reproduction qui ne permet qu’à une petite partie des individus de survivre ne doit pas être regardé d’un point de vue moral mais scientifique. Et cela est sûrement un succès évolutif, pas besoin de faire de l’altruisme efficace. Et tout le reste doit s’appréhender de la même manière, scientifiquement et non moralement en donneurs de leçon humanitaire.

Et finalement la Nature a plutôt bien travaillé en tous cas si on considère que notre espèce homo sapiens fut un progrès de l’évolution... car sur le plan de la diversité des espèces, de leur beauté, de leur harmonie avec leurs milieux, on pourrait dire que la terre est un paradis de la vie. Et elle ne pourrait pas l’être avec des individus dont la vie serait dominée par la souffrance. Ceux là sans doute peuvent exister mais alors ils ne survivent pas ou ne perdurent pas.

ECOLOGIE

L’écologie, les sciences de la nature ont encore beaucoup de choses à découvrir et à nous apprendre, au moins si la destruction de la nature en cours due à l’anarchie, l’avidité et l’irresponsabilité du système capitaliste nous en laisse le temps. Au sujet de l’écologie, ces auteurs antispécistes, qui se disent antinaturalistes, la critiquent car selon eux ( elles ), elle ne s’intéresse pas aux individus mais plutôt aux espèces. Chaque science a son domaine d’application ou de recherche. Cela ne signifie pas qu’il ne doit pas y avoir de passerelles entre des sciences diverses.

Mais pourquoi opposer les individus aux espèces ou aux écosystèmes. Les uns ont besoins des autres et s’interpénètrent. Les individus sont des produits sociaux comme l’humain, interdépendants au sein de l’espèce qui assure leur reproduction, également avec des individus d’autres espèces et avec le milieu dans lequel elles vivent. Les individus font le milieu comme le milieu les fait. Les termitières cheminées dans les savanes modifient leur aspect et même leur substance par le brassage de terre, le recyclage du bois ou de l’herbe, l’élevage de champignons par les termites , l’abri fourni à quantité d’autres espèces.

LA PREDATION

Certain(e)s diront : cela on ne le conteste pas mais nous on s’intéresse à la souffrance des individus et aux méchants prédateurs. Certain(e)s parlent aussi de l’écologie de la peur en particulier pour la question de la réintroduction de prédateurs ( loups, lynx et ours par exemple).

Là aussi je pense qu’ils (elles) parlent de quelque chose qu’ils (elles) ne connaissent pas. La plupart des proies chez les grands animaux que j’ai pu observer ( je connais bien la nature sauvage pour y avoir passé du temps d’observation ) évoluent la plupart du temps à côté de leurs prédateurs sans peur.
Pourquoi ? Parce qu’ils se connaissent depuis des millions d’années, qu’ils savent que la plupart du temps le prédateur ne chasse pas et qu’ensuite la chance qu’un individu soit prédaté est faible. Avons nous peur à chaque fois que nous prenons la voiture ?
Sans doute pas alors que le risque d’accident est réel. Par exemple les impalas, zèbres ou gnous en pleine journée laissent souvent s’approcher des hyènes ou passent près de lions à moitié endormis. Ils ne vivent pas du tout dans la peur ou la terreur. Cela est pareil pour les oiseaux ou les insectes, pour les poissons; comme la ponte des mérous au milieu des requins qui viennent les chasser, pour prendre un exemple que j’ai pu observer récemment à la télé cette fois.

Aucune espèce ne pourrait survivre si elle était dans la peur et la souffrance chroniques. Mais que l’humain marche dans la savane alors la panique s’empare de tous ces animaux y compris des lions. Et là je suis d’accord, les animaux sauvages vivent dans la peur mais surtout de l’humain malheureusement !
Alors il ne s’agit pas de se tromper de combat, car c’est un combat et non de l’altruisme même efficace, et l’antispécisme doit se limiter à ce qui est de la responsabilité humaine. Le combat est avant tout politique et la tâche est immense.

LA NATURE

La nature est riche et fascinante, elle ne nous apporte pas que des ressources vitales mais aussi beaucoup de joie, de bonheur et de rêve.
Elle nous permet de découvrir que nous ne sommes pas seuls mais au contraire entourés de millions d’autres êtres vivants qui sont à la fois très différents mais aussi plus proches de nous que l’on ne croit.
Lorsque l’on va à la rencontre de cette nature que beaucoup ne connaissent pas car elle a disparu des villes modernes et souvent même des campagnes, l’on ressent en général beaucoup d’énergie, de curiosité, de joie procurés par ces mêmes animaux et aussi les arbres, fleurs, paysages ...

Comment se pourrait- il que l’on ressente de la joie au milieu de la souffrance ?
Si nous entrons dans un élevage industriel allons nous ressentir de la joie ou de la souffrance ? Il ne vient pas franchement à l’idée que le rouge gorge qui chante est malheureux ni qu’il est un horrible prédateur. Et pourtant il chasse et tue et ce faisant n’en déplaise à certain(e)s moralistes il participe d’une fonction régulatrice dans son écosystème.

Et pourtant les RWAS ont une toute autre vision de cette nature.
Une vision moraliste, abstraite, utilitariste, subjective, individualiste se rapprochant d’une comptabilité boutiquière qui additionne et soustraie les plaisirs et les souffrances. Certain(e)s ( il y a des courants variés) ont décidé que la nature est cruelle à cause de la prédation principalement. Ils n’ont sans doute pas remarqué qu’il n’y avait pas de classes sociales exploitrices chez les autres animaux, pas de guerres, pas d’armées, pas d’élevage ! Il y a en revanche de la prédation ( pour vivre et manger pas pour les profits capitalistes ! ) et même du parasitisme ( aussi ! ). Et cela ne leur plaît pas...

C’est ennuyeux car si l’on veut éradiquer la prédation il va alors falloir éliminer au moins les 3/4 du monde vivant animal, la prédation étant une forme dominante mais non unique de relation entre les espèces. On peut le regretter mais c’est ainsi, et cette relation n’a rien à voir avec l’exploitation, elle est nécessaire dans la biologie de la plupart des espèces. Et l’on peut à coup sûr affirmer que sans les prédateurs d’insectes notre planète serait envahie par ceux-ci. Et y compris dans notre organisme animal humain, il y a de bonnes bactéries qui en dévorent de moins bonnes, ce qui doit être favorable à notre système immunitaire et à notre digestion.

Mais non disent-ils ( elles ) ... il ne s’agirait pas d’éliminer tous les prédateurs !

Allons donc, sûrement pas les hirondelles ou les chauve- souris qui limitent la population de moustiques. Là les antinaturalistes redeviennent plutôt écologistes, ou naturalistes. Mais par exemple le lion, ou la hyène cet animal horrible, qui mange vivantes ses proies !

D’emblée ces auteurs tombent dans le spécisme car ils (elles) discriminent certaines espèces par rapport à d’autres. Sans parler de leur anthropomorphisme dans leur jugement moral.
J’ai pu voir des familles ( matriarcales ) de hyènes dans le Serengeti. J’ai été stupéfait par la quantité d’interactions sociales des hyènes qui passent leur temps à se caliner, se lécher et à communiquer avec plein de sonorités. Pourrait- on s’en inspirer ? Je les ai vues chasser quelques fois aussi. Ce n’est pas ce que je préfère voir mais des touristes du monde entier paient cher pour observer cela.
Sont-ils tous des sadiques ? Non et c’est moi qui vegan qui le dit. Il y a dans ces chasses bien plus de beauté que de cruauté. Les hyènes doivent se nourrir et elles le font sans hypocrisie et sans lâcheté selon leur biologie et leurs propres outils. Effectivement elles n’ont pas de fusils ou de couteaux, elles ne savent pas allumer un feu, mais elle savent tuer directement sans délégation aux abattoirs. Et pas sûr qu’elle soient désolées pour la sensibilité outragée de nos moralistes.
Combien chaque antispéciste en prenant sa voiture tue d’insectes qui s’écrasent sur le pare brise ou sous les roues, ou d’escargots, limaces, grenouilles, reptiles etc ... ?

Les utilitaristes qui aiment compter en nombre d’individus ( nombre de proies tuées par les lions et hyènes, et nombre d’insectes tués par la voiture ) peuvent faire leurs comptes et tirer leurs conclusions.

JUSQU’OU VONT CERTAINS RWAS

On peut lire dans des écrits des références nombreuses à la science et la technique qui permettraient de modifier la Nature. Il y a de nombreuses allusions aux modifications génétiques , envers les prédateurs bien sûr, ceux qu’ils ( elles ) auront choisis.
On voit l’accointance avec les pires pratiques de l’agriculture intensive comme les OGM. D’ailleurs Bill Gates actionnaire entre autres de ex-Monsanto, entreprise criminelle s'il en est qui a produit l'agent orange, est une de leurs références, notamment pour investir dans la viande cellulaire.
Les pesticides ne sont pas même remis en cause pourtant combien de victimes indiscriminées parmi les espèces sauvages.
Certains extrémistes veulent même éliminer la nature, les forêts, la vie sous-marine car selon leur comptabilité sinistre, moins de nature égale moins de souffrance. Il s’agit là de marginaux sans doute mais ils s’expriment et sont peu critiqués, je ne citerai aucun nom mais je renvoie les lecteurs aux cahiers antispécistes d’août 2019 par exemple.

Ces personnes ne sont pas des militants animalistes le plus souvent et se demandent même s’il faut continuer à se battre contre l’élevage intensif car cela favoriserait les forêts donc augmenterait la souffrance car les animaux sauvages souffrent plus que les animaux de fermes qui sont dans des cages mais bien nourris à l’abri des prédateurs. SANS COMMENTAIRES.

Du délire ? Oui mais qui a ses racines dans cette société bourgeoise de classes, réactionnaire et génocidaire.

Un courant se nommant altruisme efficace est très proche des auteurs rwas.

Dans les cahiers antispécistes, un dossier retrace l’origine de ce courant altruiste efficace dont les créateurs sont des millionnaires américains. On retrouve là une des variétés de la charité bourgeoise mâtinée de principes économistes, utilitaristes. 

D’ailleurs ces courants ne peuvent venir que de la petite bourgeoisie intellectuelle ou la grande bourgeoisie pour les quelques financiers de l’altruisme efficace.
Car c’est aussi leur vie qui se réflète dans leurs idées. Ils se voient comme des individus autonomes, libres dans une société qui leur laisse cette illusion car ils ne sont pas directement exploités. Le prolétariat, la lutte des classes sociales, la violence du système sont assez abstraits pour eux (elles). Ils (elles) en arrivent donc à se désintéresser des vraies causes de la souffrance animale. Ils ( elles) sont urbain(e)s, universitaires, ont le temps de réfléchir et de développer une pensée individualiste, utilitariste basée sur leurs satisfactions.

Il ne leur vient pas à l’idée que pour des animaux comme pour beaucoup de cultures humaines, l’individu s’appréhende dans le cadre d’une collectivité.

Mais en fait c’est encore pire que cela ! En voulant diminuer la souffrance des animaux sauvages, en réalité ils (elles) souhaitent leur disparition ou leur dénaturation. Il faut absolument faire disparaître leur côté sauvage, libre et indépendant de l’humain.

De l’antispécisme il y a une dérive vers un spécisme humaniste génocidaire.

Et finalement le capitalisme ne les dérange pas.
De nombreux antispécistes même non rwas comptent même sur les exploiteurs capitalistes pour améliorer le sort des animaux. Comme s’ils (elles) ne comprenaient pas que c’est toute la classe capitaliste qui directement ( agroalimentaire, élevage) ou indirectement ( tous les autres ) tire profit de l’exploitation animale.
Et cette classe bourgeoise contrôle, forme les consciences et les comportements car elle dispose aussi évidemment du pouvoir intellectuel y compris sur les universités.

Et même si des industriels se lancent dans la viande cellulaire ou des produits végan cela ne change rien à l’affaire, cela ne fera qu’élargir leurs produits et leurs marchés sans supprimer la mort des animaux.

Alors espérons que parmi tous les militants animalistes, nombreux seront celles et ceux qui ne s’égarent pas dans ces courants réactionnaires, dérisoires qui mènent droit dans le mur.

CONCLUSION

Le spécisme est le produit idéologique de l’appropriation et de l’exploitation animale. C’est donc cela qu’il faut abolir si on veut être efficace ( moi aussi je suis pour l’efficacité plutôt que les illusions ! ).
C’est une lutte matérialiste, économique, sociale, politique, il faut descendre de l’éther idéaliste de la morale. Seule la classe humaine des travailleurs du monde entier pourra la mener. Les travailleurs (euses) doivent prendre conscience de leur unité, de leur force, des idées du marxisme. Personne ne le fera pour eux.

Nous militants communistes révolutionnaires ( trotskystes) nous ne disons pas qu’on veut aider la classe ouvrière (dans le sens altruiste), les travailleurs se libéreront eux-mêmes ou pas, par leurs luttes révolutionnaires.

Le reste n’est que de la poudre aux yeux. Comment espérer quoi que ce soit d’un tel système ?
A l’heure où j’écris les forêts du monde brûlent au Pantanal, en Amazonie, en Californie, en Sibérie, emportant des milliers d’animaux , produisant une souffrance immense pour les INDIVIDUS et des déséquilibres ÉCOLOGIQUES considérables.

La majorité des humains sombre dans la misère, les guerres sont partout, les dictatures se multiplient, la torture, les viols de masse, la répression sont quotidiens. Les droits humains reculent.
L’extrême droite, son racisme et sa xénophobie progressent partout en europe et aux Etats-unis. Seule la libération du capitalisme et l’instauration d’une société sans classes sociales ( communiste) permettra à l’humanité libérée de son exploitation d’envisager des rapports nouveaux avec nos cousins animaux.

Et par rapport aux animaux sauvages si vraiment les RWAS les connaissaient, ils (elles) sauraient que l’immense majorité d’entre eux peut fort bien se passer de l’humain. Et ne demanderait que cela c’est certain. Ce qu’ils ont toujours fait.

Je dirais comme le voyageur et sage végétarien regretté Jerome Monod , les animaux (sauvages) ne demandent pas être aimés mais seulement qu’on leur foute la paix.

Sans doute n’est ce pas un hasard que les Rwas apparaissent à un moment où les animaux disparaissent sous les coups de boutoir de la civilisation capitaliste. Sans doute ne font-ils que refléter une réalité où l’humain étend sa domination génocidaire. Et ces idées pourraient être encore une fois une tentative idéologique, morale, plus ou moins consciente, pour camouffler, voiler cet immense crime.

 

Je terminerai cet article en demandant pardon au nom de mon espèce homo sapiens (non sapiens ) aux animaux suivants dont je limiterai arbitrairement le nombre.

Et je leur rends un vibrant hommage d’avoir su vivre sans doute heureux (malgré leur souffrance ...) des millions d’années alors que les humains sont en train de les exterminer en à peine 2 siècles.

Pardon aux hérissons, aux hirondelles, aux renards, aux dauphins, à tous les poissons, à tous les oiseaux, aux guêpes et aux papillons...

Pardon aux hyènes, lions, léopards, guépards, jaguars que certains humains prétentieux et arrogants appellent prédateurs comme si vous n’étiez que cela, niant votre droit de vivre votre vie, votre beauté, votre magnifique intégration dans la nature, bien avant que nous humains soyons sur cette terre.

Oh lion merci pour la beauté de tes rugissements dans la savane que je n’oublierai jamais. A tous merci d’exister, comme vous êtes, je vous aime, je pleure d’amour, de rage et de révolte.
Suni,

septembre 2020